Test: Enemy Territory - Quake Wars
Note de JOUEZ.com: 3,5 étoiles
Système: PC
Éditeur: Activision
Développeur: Splash Damage
Lien: Site Web officiel
Splash Damage et Activision nous reviennent avec une nouvelle incursion dans l'univers de Quake avec Enemy Territory - Quake Wars, un jeu de tir à la première personne orienté multijoueur qui se veut le successeur spirituel du jeu Enemy Territory paru en 2003.
Pour rappel, Enemy Territory devait à l'époque être lancé en tant qu'expansion officielle au jeu Return to Castle Wolfenstein. Toutefois, quelques difficultés techniques ont laissé les développeurs avec bien peu de matériel pour une campagne en solitaire, mais une solide expérience multijoueur. Finalement, la décision a été prise de lancer le jeu non pas comme une expansion, mais bien comme un jeu à part entière et de surcroît... gratuit! Il n'en fallait pas plus pour que le jeu connaisse un franc succès et bien entendu, qu'une suite y soit planifiée... payante cette fois. Le principe derrière Enemy Territory - Quake Wars reste le même, à l'exception de l'histoire, qui se déroule dans l'univers de Quake et sert d'introduction aux aventures vécues dans Quake 2. Bien entendu, ajoutez à ceci tous les bonbons graphiques de l'engin de Doom 3, pimentez le tout avec l'ajout de plusieurs types de véhicules et vous obtenez un solide jeu multijoueur.
Pour prendre part au combat, vous avez la possibilité de choisir entre deux clans: la GDF (Global Defense Force) ou encore les Stroggs. Bien entendu, les Stroggs jouent le rôle des extraterrestres voulant asservir la Terre et la GDF représente l'armée humaine devant repousser l'invasion. En combat, pour chacun des groupes, vous avez le choix entre cinq classes de soldats (qui prennent des noms différents dépendamment du clan choisi): le soldat (GDF) / l'agresseur (Stroggs), le démineur (GDF) / l'oppresseur (Stroggs), le médecin (GDF) / le technicien (Stroggs), l'ingénieur (GDF) / le constructeur (Stroggs) et finalement l'officier opération tactique (GDF) / l'infiltrateur (Stroggs). Chacun a sa fonction bien précise sur le terrain. Par exemple, l'ingénieur doit dans certains cas construire des ponts pour permettre à son équipe d'atteindre l'autre côté d'un fossé, le médecin doit veiller à revitaliser les troupes et dans certains cas les réanimer sur le champ, l'infiltrateur peut prendre l'apparence de l'ennemi et infiltrer leurs lignes de défense pour désactiver momentanément certaines structures de combat, etc.
Bien que les classes puissent paraître semblables d'un clan à l'autre, leur jouabilité est quant à elle complément asymétrique. Par exemple, réanimer un camarade sur le terrain se fait instantanément si vous êtes un GDF, alors qu'il vous faudra quelques secondes de plus pour procéder à la même opération si vous être un Stroggs. Le démineur peut réclamer une frappe aérienne à l'aide de fumigène servant de marqueur, alors que le technicien pourra faire de même pour réclamer un nouvel approvisionnement de munition ou d'énergie. Étonnamment, malgré les différences, l'équilibre est réussi et offre un combat juste. Le combat en tant que tel demande une bonne courbe d'apprentissage, puisqu'il vous faut maîtriser les subtilités de la classe de soldat que vous avez à incarner et surtout vous familiariser avec les immenses champs de bataille. Comme dans Enemy Territory, chaque classe a accès à une liste d'objectifs à réaliser pour accumuler de l'expérience. Cette liste est mise à jour en temps réel selon l'avancement de la mission en cours. De plus, vous pouvez connaître instantanément les autres membres de votre équipe qui tentent de réaliser le même objectif que vous. Ces objectifs peuvent être aussi simples que réanimer un coéquipier tombé au combat, réparer un véhicule endommagé, saisir un point de capture, détruire une structure ennemie, protéger une cible, construire une tour de défense, etc. Les objectifs sont variés et dépendent essentiellement de votre clan, votre classe et du niveau en cours. Lorsque vous avez sélectionné un objectif, un marqueur apparaît dans l'écran, vous indiquant précisément où vous rendre afin de réaliser ce dernier.
Une des particularités du jeu est d'offrir des environnements variés et immenses. Les niveaux offerts sont gigantesques et dans certains cas offrent autant de zones de combat intérieures qu'extérieures. C'est sans parler de certains niveaux se déroulant dans deux univers parallèles diamétralement opposés (possible grâce aux «slip gates» des Stroggs). Ajoutez à ceci la présence de véhicules (véhicule tout-terrain, jeep, tanks, mech et jet-pack) et vous obtiendrez un jeu bien ficelé dont l'expérience de jeu est sans faille, ou presque. En effet, un élément clé manque cruellement au jeu: des joueurs! En effet, j'ai dû retarder l'écriture de cette critique puisque dans les dernières semaines il m'a été pratiquement impossible de joindre des parties dans lesquelles il y avait suffisamment de joueurs pour que l'expérience devienne intéressante. Heureusement, il est possible d'ajouter des joueurs contrôlés par l'ordinateur afin de rehausser l'action. Bien que leur présence ne soit pas catastrophique, puisque leur IA est bien réalisée, le véritable intérêt d'un pareil jeu est de croiser le fer avec des adversaires et coéquipiers en chair et en os. Sans doute que le titre est passé sous les roues de Team Fortress 2 ou Call of Duty 4, qui offrent une expérience multijoueur semblable et probablement plus accessible.
Enemy Territory - Quake Wars offre une réalisation impeccable et une expérience de jeu multijoueur enivrante. Il faut souligner qu'il s'agit d'un jeu complexe qui demande beaucoup de temps avant d'être totalement maîtrisé, mais le jeu en vaut la chandelle. En conclusion, j'aurais aimé donner un meilleur score à ce jeu, mais le manque flagrant de joueurs vient assombrir le tableau puisqu'il diminue grandement le plaisir à y jouer.
Une critique de Frédéric Dubois

